Felisberto Hernández
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Felisberto Hernández

"transformer les souvenirs... en une chose écrite"
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biographie, bibliographie, liens et ressources, nouvelles et formes brèves en ligne (en espagnol), un extrait en traduction française de la nouvelle "Le cheval perdu"


Notice biographique

Né à Montevideo, le 20 octobre 1902, Felisberto Hernández meurt de leucémie le 13 janvier 1964. Parallèlement à son activité de pianiste, il commence à publier de courts textes dès 1925. Mais la reconnaissance littéraire ne vient que dans les années 1940. Il écrit alors des récits inspirés de souvenirs personnels et des nouvelles insolites, à la frontière du fantastique.

Traductions en français

Les Hortenses, traduction de Laure Guille-Bataillon, préface de Julio Cortázar, Paris, Denoël, 1975 (aujourd'hui pratiquement introuvable.

Oeuvres complètes, traduction, présentation, et composition du volume par Gabriel Saad, avec une chronologie, une bibliographie, une préface d'Italo Calvino ("Felisberto ne ressemble à personne"), une lettre de Jules Supervielle, Paris, Seuil, 1997.

ZOOM


Lire Felisberto en espagnol

Uruguay Literario
4 nouvelles : "Muebles El Canario", "El cocodrilo", "Elsa", "Envenenada"

Letras en el mundo

Carta del sonámbulo
Une lettre inédite de Felisberto, retrouvée et anotée par l'écrivain Ida Vitale. "Esta es la penúltima carta de un conjunto de ciento cincuenta y cinco que se extienden entre diciembre de 1939 y febrero de 1942, enviadas por Felisberto Hernández a su mujer, la pintora Amalia Nieto."
(Publiée dans Cuadernos en marcha, TERCERA EPOCA , AÑO XII - Nº 128, JUNIO 1997)
Felisberto sur le web


Espéculo. Revista de estudios literarios
Universidad Complutense de Madrid
Felisberto Hernández : Escritor maldito o poeta de la materia
de Claudio Paolini

Felisberto Hernández : Diez itinerarios interpretativos
de Guillermo García
Centro Virtual Cervantes

De cómo fui cautivado por un acomodador
(destreza de Felisberto)


FELISBERTO HERNANDEZ Y SU MATRIMONIO CON EL KGB
El escritor y la espía soviética

ZOOM La Nacion 20.10.2002 :

Acordes de la memoria
Sylvia Saítta

Del músico al escritor
Sergio Elena



Notes de lecture
de Jean-Christophe Millois
A propos de la publication des Oeuvres complètes

Felisberto Hernández y "las" filosofías
Une approche philosophique de l'oeuvre de felisberto Hernández à travers notamment l'influence de Bergson et ses travaux sur la matière et la mémoire




Bibliographie sélective

Dossier Felisberto Hernández
in Cuadernos Hispanoamericanos, n° 625-626, Madrid, julio-agosto 2002.

Coordinador : Gabriel Saad

Teresa Porzecanski : Un estudio del régimen de la mirada

Juan Gargallo : Felisberto en el umbral

Jorge Sclavo : El caso Clemente Colling

Claudia Cerminatti : Una lectura de "Las hortensias"

en ligne sur ce site :

Amancio Tenaguillo y Cortázar :
Una escritura en movimiento

Felisberto, un escritor distinto
Italo Calvino


"Las aventuras de un pianista paupérrimo, en quien el sentido de lo cómico transfigura el amargor de una vida amasada con derrotas, son el primer apunte del que parten los cuentos del uruguayo Felisberto Hernández (1902-1964). Basta con que se ponga a narrar las pequeñas miserias de una existencia transcurrida entre orquestinas de café en Montevideo y giras de conciertos por pueblitos provincianos del Río de la Plata para que en las páginas se acumulen gags, alucinaciones y metáforas en los que los objetos cobran vida como personas. Pero éste es sólo el punto de partida. Lo que desata la fantasía de Felisberto Hernández son las inesperadas invitaciones que abren al tímido pianista las puertas de misteriosas casas, de quintas solitarias donde moran personajes ricos y excéntricos, mujeres llenas de secretos y neurosis.
Un chalet apartado, el infalible piano, un caballero dulcemente maníaco o perverso, una doncella visionaria o sonámbula, una matrona que celebra obsesivamente sus infortunios amorosos; diríase que se han reunido aquí los ingredientes del cuento romántico a lo Hoffman. Y ni siquiera falta la muñeca que parece enteramente una jovencita; aún más, en el cuento Las Hortensias hay todo un surtido de muñecas rivales de las mujeres de verdad que un fabricante tentador construye para alimentar las fantasías de un extraño coleccionista y que desencadenan celos conyugales y turbios dramas. Pero cualquier posible referencia a una imaginación nórdica se disuelve al punto en la atmósfera de esas tardes en las que se sorbe lentamente mate sentado en un patio o se está en el café contemplando cómo un ñandú pasa entre las mesas. Felisberto Hernández es un escritor que no se parece a nadie: a ninguno de los europeos y a ninguno de los latinoamericanos, es un "francotirador" que desafía toda clasificación y todo marco, pero se presenta como inconfundible al abrir sus páginas [...]"


Cette traduction de l'italien de la préface d'Italo Calvino (extrait du début) provient du site de Leonardo A. Landín consacré à la littérature de l'Uruguay


Oeuvres complètes /
récits, nouvelles, formes brèves, Seuil, 1997, traduit de l'espagnol (Uruguay) par Gabriel Saad et Laure Guille-Bataillon, Edition établie et présentée par Gabriel Saad.


Quatrième de couverture :
La publication des Oeuvres complètes de l'Uruguayen Felisberto Hernández (1902-1964), de ses "sarabandes mentales", pour reprendre l'expression d'Italo Calvino, est un événement littéraire. Cet homme à la vie tourmentée, qui vivait de petits emplois et de récitals de piano dans des cercles de province du Rio de la Plata, a bâti une oevre inimitable, à mi-chemin de la fiction et du journal intime, qui mêle le quotidien et le vertige de l'étrangeté, le monde onirique des pensées et le désordre de la réalité, le regard de l'enfant et l'émotion de l'adulte. Le Cheval perdu, Les Hortenses ou encore les nouvelles de Personne n'allumait les lampes sont d'indélébiles fleurons d'une littérature libre, où s'écoule tout le désenchantement du Rio de la Plata que Felisberto Hernández sait colorer d'humour. Italo Calvino, qui édita ses oeuvres en Italie, mais aussi Jules Supervielle et Ramón Gomez de la Serna avaient, en leur temps déjà, salué le génie de ce fondateur de la modernité latino-américaine.



Le Cheval perdu

(extrait, Oeuvres complètes, page 123)


«Comme je voulais faire partie du monde réel, je me suis proposé de me réconcilier avec lui, et j'ai laissé ma tendresse se répandre un peu sur toutes les choses et sur toutes les personnes. Alors, j'ai découvert que mon associé, c'était le monde. Il ne servait de rien de vouloir me séparer de lui. C'est de lui que j'avais reçu les nourritures et les paroles. D'ailleurs, lorsque mon associé ne représentait qu'une seule personne - à présent, il représentait le monde entier -, et que j'écrivais les souvenirs de Celina, il avait été un camarade infatigable et il m'avait aidé à transformer les souvenirs - sans supprimer ceux qui étaient chargés de remords - en une chose écrite. Et cela m'avait fait beaucoup de bien. Je lui pardonne ses sourires quand je me refusais à inscrire mes souvenirs à l'intérieur de rigoureuses coordonnées d'espace et de temps. Je lui pardonne sa façon de frapper du pied quand ma recherche scrupuleuse de la trame du souvenir l'impatientait ; jusqu'au moment où les bouts des racines s'enfonçaient dans l'eau et s'y perdaient et que les derniers mouvements ne frôlaient aucun air dans aucun espace.

En revanche, je dois le remercier de m'avoir suivi lorsque, la nuit, j'allais au bord d'une rivière pour voir couler l'eau des souvenirs. Quand je prenais un peu d'eau dans une cruche, et que j'étais triste parce qu'il n'y en avait qu'un peu et qu'elle ne coulaitNous avons emporté avec nous des pensée pas, il m'avait aidé à inventer des récipients où la verser et je m'étais consolé en contemplant l'eau prise dans leurs formes si diverses. Plus tard, nous avons inventé une embarcation pour traverser le fleuve et rejoindre l'île où se trouvait la maison de Celina. Nous avons emporté avec nous des pensées qui luttaient corps à corps avec les souvenirs ; dans leur combat, ils avaient renversé beaucoup de choses ou ils les avaient changé de place ; et il se peut que certains objets se soient perdus sous les meubles. En chemin, nous avons dû en perdre d'autres, parce que, lorsque nous ouvrions le sac du butin, il y avait de moins en moins de choses, il ne restait que quelques menus ossements, la petite lanterne nous glissait d'entre les doigts et tombait sur la terre de la mémoire.

Pourtant, le lendemain matin, nous jetions à nouveau sur une page le peu de choses que nous avions ramassées la nuit.»


(Le Cheval perdu, p. 123).


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