Christophe Mahy
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Mille étangs et moi
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Marc PAYGNARD, Christophe MAHY, Mille étangs et moi

Frédéric Chef



Mille étangs et moi

Texte de Christophe Mahy, photographies de Marc Paygnard Mille étangs et moi (chronique),
Louvergny, Editions Noires Terres, 2012, 144 p.
25 x 21 cm - 100 photos - 30 €
ISBN 978-2-915148-56-5



Editions Noires Terres
8 place Hippolyte Noiret - 08390 LOUVERGNY
www.noires-terres.com


Il arrive, quelquefois, que les écrivains soient "en résidence" et nulle part le reste du temps. C'est à peu près la même chose, d'ailleurs. Christophe Mahy fut missionné en Haute-Saône pour explorer la région des mille étangs. "Ce n'est pas une forêt que l'on découvre mais mille forêts", suggère André Dhôtel au début du Pays où l'on n'arrive jamais. La multiplicité des points de vue irisant tout paysage lui confère sa merveilleuse unité, c'est entendu. Qu'il y ait mille étangs, davantage ou beaucoup moins dans le secteur de Lure, Faucogney, Servance importe peu. L'essentiel est ailleurs dans ces soixante kilomètres carrés et ces 144 pages.

L'Histoire commence avec le glacier, retiré du plateau, ayant laissé derrière lui un épandage de rochers, des écueils émergeant d'une mer sauvage, dont la houle silencieuse enveloppe les taillis. Saint Colomban, en 590, tire du grès rose vosgien l'abbaye de Luxeuil, loin des villes et des hommes. Les moines se répandent dans cette région inhospitalière, aménageant ces étangs, bouches d'ombre qui contiennent la nuit. Ils les transforment peu à peu en "carpières", façonnant le paysage comme ils ont été façonnés par lui. De nos jours, la pratique de l'assec - vidange des étangs - survit comme elle peut chez ces habitants qui n'existent pas, que l'auteur a rencontrés, tout de même, au bistrot, flanqués d'une bouteille de champlitte.

Christophe Mahy, accompagné de Marc Paygnard illustrant parfaitement ces arpents du grand Est, s'est couché dans la mousse ; il a scruté le ciel pour y guetter la trace du cincle plongeur et du héron cendré dans un ciel rendu à la pureté des origines. Il nous livre la poésie orientale des franges intimes, où poussent joncs bulbeux, carex, nénuphars diaphanes et autres calthas souveraines. Mais surtout, il nous invite à lire, non loin des eaux calmes et des forêts qui suivent la trace des verdures effarées ces pages d'un canton de l'âme comme un bréviaire familier. Le voyage amende le voyageur. Christophe Mahy, en conclusion de cette chronique, transmet son ravissement : Si je ne me suis pas égaré outre mesure, j'ai passé beaucoup de temps à me perdre en moi-même [...] Et je me suis trouvé, par moments, dans l'immensité du paysage.

Mille étangs et moi, chronique, texte de Christophe Mahy, photographies de Marc Paygnard, éditions Noires Terres, 144 pages, 30 euros.
Note de lecture, décembre 2012.

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mise en ligne : 20/12/2012
POUR CITER CET ARTICLE :
Frédéric Chef, "Marc PAYGNARD, Christophe MAHY, Mille étangs et moi", Marincazaou - Le Jardin Marin, décembre 2012,
[En ligne] http://www.marincazaou.fr/cont/mahy/1000_etangs_frederic_chef.html (Page consultée le ).

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