Christophe Mahy
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à Contre-nuit
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Christophe Mahy : à Contre-nuit

CHAQUE COUVERTURE EST PEINTE À L’ENCRE PAR CHARLES DELAPLACE, QUI A ÉGALEMENT RÉALISÉ LES ILLUSTRATIONS IMPRIMÉES AU FIL DE L’OUVRAGE.

50 POÈMES ET 112 PAGES - DE PAPIER KRAFT, GRIS ACIER, VERGÉ IVOIRE, DUNE - RELIÉES PAR DES "COUTURES SINGER" • 17,5 X 10 CM • ISBN 979-10-92752-04-5 • 20 EUROS


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En savoir plus sur le site de l'éditeur : www.lesventerniers.com
Christophe Mahy : à Contre-nuit (poèmes)

Illustrations : Charles Delaplace


Présentation de l'éditeur

à Contre-nuit, le lecteur recueille les confidences de l’écriture noctambule. Au creux du silence et de la solitude, la nuit est une traversée du désert; la parole du poète face à lui-même s’élève contre l’immensité. Devant l’étendue noire et la page blanche, il aligne des « mots cabrés à rebrousse-page » pour la dire, s’en prémunir, pour recréer un espace intime quand le monde connu s’absente, quand il devient démesurément vaste et obscur… C’est dire si le seul manque de sommeil mène à un vide vertigineux : ces poèmes de quelques vers, ces vers de quelques mots prennent alors la tournure d’un chant incantatoire.

Cerné par l’obscurité, le poète envoie au ciel ses signes d’encre noire et de papier. Un dialogue en clair-obscur, pour retrouver la mesure de l’homme, et résister à sa disparition, à la tentation voluptueuse de se fondre dans la nuit.

Peu à peu, par l’acceptation de ce risque, on la sent prendre vie. Bientôt, on ne sait plus qui des deux s’empare de l’autre, qui de la nuit ou de l’homme est poète. N’est-elle qu’un simple motif ? N’est-il seulement qu’un médium qui se laisse traverser par elle ? Toujours est-il que le poète laisse la nuit échapper à l’emprise des mots. Le recueil livre les secrets de ce face-à-face à huis clos.

C’est la répétition incessante de la même nuit, de la même pièce, chaque soir jouée « pour écrire à nouveau ce qu’on a cru écrire ». C’est une seule et unique longue nuit que chaque mot vient prolonger. Cela demeure aussi à la fois une succession de nuits, une succession de mots, dont la lecture, dans la fixité insoutenable du monde nocturne, révèle un temps nouveau. Et si la nuit suspendait le monde, justement afin d’instaurer le temps du poème ?

Note de lecture

De tous les recueils de poèmes publiés par Christophe Mahy, « à Contre-nuit » est le plus épuré, le plus exempt de fioritures et d’images décoratives, à mille lieues d’une poésie horriblement fadasse que détestait un autre poète. Contrairement à l‘écriture des haïkus (il la connaît et la pratique avec talent) qui appartiennent à un genre codifié, ici le poète élague et dispose librement ses mots. Le lecteur y rencontre l’âpre ascèse nécessaire à la création poétique. Parce qu’écrire c’est souffrir. Dire la nuit contre la nuit qui refuse d’être contrainte au silence tantôt stérile tantôt envahissant. Les ombres sont lumineuses comme les nuances cachées d’une toile impressionniste : pour les voir il faut s’armer de patience, c’est un combat incessant entre l’écrivain-écrivant et le verbe qui redoute la blancheur de la page noire (la noirceur de la page blanche ?) Le lecteur est convié à observer cette émouvante lutte : puisque le monde est plein de secrets pour ceux qui ferment les yeux, Christophe Mahy invite le lecteur à les ouvrir et à partager l’intimité feutrée de ses nuits habitées.

Rare par la qualité remarquable de son contenu, ce recueil fabriqué à la main par une équipe éditoriale (qui rime avec artisanale) hors du temps (il ne s’agit pas de produire mais de réaliser) est un véritable objet d’art que le lecteur manipule et caresse avec sensualité. La lecture s’enveloppe dans une agréable couverture bleu nuit (évidemment !)

Cet ouvrage d’apparence modeste (un terme bien galvaudé) est en réalité une boîte à trésors qu’il faut découvrir petit à petit. Un livre de chevet en somme.


Daniel Remillieux
Mai 2013


mise en ligne : 14/09/2013
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