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L'infinie présence
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L'infinie présence : Christophe MAHY, Jean-Jacques ROSSBACH

Alain Dantinne



Christophe MAHY, Jean-Jacques ROSSBACH : L'infinie présence

Christophe MAHY, Jean-Jacques ROSSBACH, L'Infinie présence (tirage numéroté, 111 exemplaires avec un original de Jean-Jacques Rossbach), photo/mise en page : Carl Gustin, imprimé sur les presses de la Sopaic à Charleville, 2011.


Il est des livres objets inclassables car ne trouvant place dans votre bibliothèque ni dans les rayonnages de votre esprit cartésien. L'infinie présence en est un que je conserve dans les ailleurs du quotidien, dans un en deçà de la poésie. Christophe Mahy, tel un vieux sage oriental (mais il n'a juste qu'une petite quarantaine…), nous invite dans les mouvances de la méditation. Le lecteur averti ne s'étonnera guère : dans son recueil La cinquième veille déjà, loin des débordements de révolte ou de ressentiment, il proposait un recentrement ontologique dans sa recherche de maîtrise du temps, dans sa quête de la lumière, loin des éblouissements factices, mais en creux dans le clair-obscur du quotidien. Ici, il glisse ses mots dans la vacuité du haïku, dans le dépouillement absolu de la langue et de l'être
La nuit vient couvrir
les bruyères vagabondes -
le silence et moi
Ces textes brefs transcendent les époques, nous avons la sensation de cheminer sur les traces de Bashô sur la route du Nord, la route d'Hokkaïdo, au dix-septième siècle, ou de côtoyer d'autres poètes qui rencontrèrent la légèreté des choses (Guillevic, par exemple) et la profondeur de l'être (Jaccottet ou Bonnefoy)
Sur l'éphémeride
un siècle s'ajoute aux siècles -
l'arbre perd ses feuilles
Cet objet livre se métamorphose, prend une nouvelle dimension sous les coups de pinceaux de Jean-Jacques Rossbach : l'énergie dans le trait, les couleurs franches - qui évoquent chez moi Nicolas de Staël - amplifient ce retour sur l'essence de l'existé. De grands espaces, incendiés de rouge ou de noir le plus souvent, créent le mouvement qui émeut au-delà du verbe et rendent toute la densité de ce questionnement ouvert sur le monde. Rarement, je n'ai perçu une telle complicité dans le tutoiement de l'infini.
Du matin au soir
la nature te révèle
l'infinie présence
Dans cette invitation à l'universel, dont j'imagine aisément les parfums, le lecteur éprouve combien "les couleurs et les sons se répondent".
Note de lecture, septembre. 2011.

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mise en ligne : 14/09/11
POUR CITER CET ARTICLE :
Alain Dantinne, "L'infinie présence : Christophe Mahy et Jean-Jacques Rossbach", Marincazaou - Le Jardin Marin, septembre 2011,
[En ligne] http://www.marincazaou.fr/cont/mahy/infinie_presence_alain_dantinne.html (Page consultée le ).

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