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La cinquième veille
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Christophe MAHY, La cinquième veille

Daniel REMILLIEUX



Christophe Mahy, La cinquième veille Christophe MAHY, La cinquième veille,
L'arbre à paroles, 2009


En 2004, j'avais présenté L'Opéra fabuleux - Fugue en Rimbaldie de Christophe Mahy dans une revue d'études rimbaldiennes, "Parade sauvage". Mon texte n'a pas dû desservir son auteur puisque depuis notre rencontre au cours d'un Colloque sérieux, nous correspondons régulièrement. En 2007, j'ai accompagné avec bonheur son recueil de poèmes Sous un ciel de légende.

Je suis heureux d'écrire, ici et maintenant, quelques lignes à propos de La cinquième veille, son nouvel opus. Qu'il soit bien entendu que "écrire" ne signifie pas commenter. On ne commente pas la poésie. Le maximum qu'on puisse faire c'est entrouvrir quelques brèches pour permettre au lecteur de s'y glisser plus aisément. Rien de plus.

Pour moi, le poème-clé de ce magnifique recueil - le recueil de la maturité : la quarantaine approche ! -, le poème-clé dis-je, figure en page 94, puisque "Nous ne savons ni le jour ni l'heure". Le fil rouge de l'ouvrage c'est le temps (les heures, le carillon, le sablier, la montre, l'horloge…), le temps qui compte, le temps qui tue, le temps qui désespère et fait vivre, le temps qui console et qui afflige. Ces variations ne sont ni morbides ni désespérantes. Elles sont musique légère, parfois aiguë, et grave quelquefois, sereine et tourmentée selon les pages et les moments de la promenade. C'est de la vie - la sienne, la mienne, la nôtre - qu'il s'agit. Voici un recueil aux résonances métaphysiques, à coup sûr ("mourir seul", "le poids de la mort",le dernier mot", "l'abîme") mais cela, non plus, ne se commente pas.

Ce qui m'intéresse, aussi, dans la poésie de Christophe Mahy, c'est l'incommensurable richesse de son vocabulaire : obsédé par la rigueur et la concision, il fuit la redondance. Les mots sont des complices exigeants, des auxiliaires et des compagnons fidèles.

Christophe Mahy, pour une fraction de ce nouveau périple, a convoqué 13 de ses amis admirés, célèbres ou méconnus. Cela se fait, comme d'habitude avec ce poète-sans-avoir-l'air-d'y-toucher, sans une once de pédantisme mais avec une culture magnifique. Je suggère que cette section du recueil soit sous-titrée "Les bonnes fréquentations" tant il est vrai que ces 13-là sont pour toujours d'immenses, quoique discrètes, figures de la pensée, des aiguilleurs éclairés de la condition humaine. Rien que de belles personnes, en somme.

Qu'il me soit permis d'ajouter, non en conclusion mais comme un prolongement amical, un quatorzième convive au banquet de cette Cinquième veille, Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature 1971, qui affirmait dans un de ses discours aux échos rimbaldiens : "Etre vivant est un effort qui va bien au-delà du simple fait de respirer. Seule l'ardente patience nous permettra d'atteindre une joie éclatante."



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mise en ligne : 17/07/09
POUR CITER CET ARTICLE :
Daniel Remillieux, "Christophe MAHY, La cinquième veille", Marincazaou - Le Jardin Marin, juillet 2009,
[En ligne] http://www.marincazaou.fr/cont/mahy/la_cinquieme_veille_daniel_remillieux.html (Page consultée le ).

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