"Parle-t-on de
Haut Silence comme d'autres qualifient, avec Michel Leiris, le Haut Mal, l'obsession lancinante de la solitude, cet espace ineffable, mais tellement présent entre les rumeurs de la ville, le grouillement des écrans, la frénésie des publications ? Le poète se refuse à ressasser des phrases inutiles, il cherche dès lors le recueillement au-delà de quelques mots rares ou perdus. Il quitte l'agitation du monde pour des espaces blancs, des arpents invisibles, des steppes innommées. Il est en route vers ses "lointains intérieurs".
C'est à ce voyage intime que nous convie Christophe Mahy, il nous parle ici de silence, de Haut Silence, c'est-à-dire de poésie."
Alain Dantinne
"D'où vient chez les poètes cette propension à préférer le silence aux piétinements de la parole ? Pourquoi - tandis que les romanciers aiment les pages bien remplies - les poètes se plaisent-ils à voir les leurs troublées et trouées par l'espace ?
Sans doute est-ce que le silence, pourvu que nous parvenions à échapper des lieux tels que la ville où trop de communication nous perd, où la parole à force d'être commune finit par égaler ses propres figements, sans dout est-ce que c'est lui, le silence, qui nous permet alors, en nous rapprochant des
vastes lieux du vent, de
voler au secours / d'un verbe en perdition, et d'accéder à ce que nous portons en nous de poésie, si l'on peut nommer poésie notre désir de retrouver
la parole égarée, maintenant renouvelée, déliée de tout ce qui l'alourdissait, l'assourdissait [...]
Mais le silence dans la poésie ne résume-t-il pas également les silences du poète ?
Il y a de cela sans doute, tout ressassement devenant inutile dès que personne n'écoute [...]"
Bertrand Degott, "D'où vient chez les poètes..." (Préface)
Extrait
- Branchages noirs
- entre le ciel et moi
- depuis toujours,
- oiseaux fuyant
- le pays des frimas,
- collines pêle-mêle
- entre le fleuve
- et l'horizon,
- la paix du matin,
- les gestes simples
- du grand soleil :
- les appétits éteints
- font place au silence tendu
- entre le monde et moi.
Revue de presse
"Poésie : Christophe Mahy ou la sonate du silence", par Michel Delmont, Marincazaou - Le Jardin Marin, 14/09/2011.
Edition "Le haut silence" de Christophe Mahy, par Patrick FLASCHGO, lunion.presse.fr, 17/07/2011.
mise en ligne : 31/08/11