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Le haut silence
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Poésie : Christophe Mahy ou la sonate du silence

Michel Delmont



Christophe Mahy, Le haut silence
Christophe Mahy, Le haut silence,
Maison de la poésie, Amay (Belgique),
collection "L'Arbre à Paroles", 2011, 93 p.
Format 13 x 20.
ISBN : 978-2-87406-506-4
Prix : 10 euros.

Maison de la poésie d'Amay (Belgique)
www.maisondelapoesie.com


Les éditions L’Arbre à paroles viennent de publier Le haut silence, de Christophe Mahy. On y retrouve une poésie originale, riche, à la fois simple et complexe, sans jamais rien qui pose ou qui pèse. L’auteur est passé maître dans l’art de maîtriser les climats et atmosphères, d’agencer le temps et l’espace, de rythmer le propos avec une grâce tout à fait particulière. La puissance de la poésie de Christophe Mahy, c’est d’utiliser des thèmes simples, des moyens ordinaires, et d’en faire quelque chose d’original et d’universel. Le préfacier de cette partition, Bertrand Degott, grand poète contemporain s’il en est, éclaire admirablement par son propos les possibilités du silence comme métaphore de la poésie.

Le recueil se décline en trois parties respectivement intitulées « l’inutile patience », « la parole égarée » et « l’hiver intérieur », qui articulent la partition en mouvements contrastés. Du ton grave et personnel des premiers textes, on avance au fil des pages vers un détachement serein, où le silence réconcilie toutes choses. Mais, pour y parvenir, il a fallu se fondre dans les réalités du monde, c'est-à-dire ses noirceurs. Au fur et à mesure de cette initiation par le vide même de la parole, la libération de l’être est rendue effective, sans les artifices de la fiction. On n’est pas loin du Tao, du yin et du yang, des principes qui président aux sources même de la vie.

De grave, le poème se révèle apaisé, par la grâce d’une écriture frémissante, rythmée et pure. Il y a en même temps chez Mahy l’extrême rigueur du texte, le sens de l’exactitude, la concision, qui seuls rendent possible la richesse expressive. Un sens inné de la variation, aussi, et de la simplicité. On est bien loin des effets faciles, de l’emphase et des redondances. Ici, tout semble limpide, comme allant de soi. Bref, une écriture naturelle et accomplie, où tout est en place, évident, comme la neige sur la lande et le vent sur le rivage. Les mots sont prétextes au silence, à jamais établi entre le poème, celui qui l’écrit, et celui qui le lit. Quand le poète se tait, on ne l’entend que mieux. Et c’est ainsi que la lumière d’une éternité toujours présente baigne cette sonate virtuose, au-delà des inquiétudes du quotidien.
Note de lecture, septembre. 2011.

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mise en ligne : 14/09/11
POUR CITER CET ARTICLE :
Michel Delmont, "Poésie : Christophe Mahy ou la sonate du silence", Marincazaou - Le Jardin Marin, septembre 2011,
[En ligne] http://www.marincazaou.fr/cont/mahy/le_haut_silence_michel_delmont.html (Page consultée le ).

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