Christophe Mahy
Christophe Mahy /

Thiérache, La grande inconnue
retour accueil
marincazaou - le jardin marin

Christophe Mahy


accueil | actu | littera,ae | littér@ture | regArts | figures de l'art | phrase du jour | la librairie | une ferme en Chalosse | web pratique | ce site


Christophe MAHY, Jean-Marie LECOMTE, Thiérache, La grande inconnue

Roland Frankart



Thiérache, la grande inconnue

Texte de Christophe Mahy, photographies de Jean-Marie Lecomte Thiérache, La grande inconnue (chronique),
Louvergny, Editions Noires Terres, 2012, 160 p.
25 x 21 cm - 100 photos - 30 €
ISBN 978-2-915148-54-1



Editions Noires Terres
8 place Hippolyte Noiret - 08390 LOUVERGNY
www.noires-terres.com


Les éditions Noires Terres, qui viennent de fêter leur dixième année d'existence, avaient déjà publié de beaux livres sur des contrées qui confinent au Dhôtelland : La Meuse sentimentale (texte de Michel Bernard), L'Argonne (texte de Franz Bartelt), Ardennes vagabondes (texte de Yanny Hureaux). C'est à nouveau un membre de la Route inconnue qui nous emmène en bordure du pays d'André Dhôtel : Christophe Mahy part sur les chemins de Thiérache, ce pays dont "personne ne sait vraiment où il est" et dont il excelle à décrire les paysages : "La Thiérache m'a révélé à mon destin, qui est de ne jamais en finir avec le paysage."

Comme Henri Calet visitait l'Italie à la paresseuse, Christophe Mahy visite la Thiérache à la Dhôtel - c'est lui-même qui le dit - : "En bon promeneux, j'ai un penchant assez marqué pour les lieux où, en vérité, il n'y a pas plus à voir qu'à faire." Il précise aussitôt : "Si l'âpreté de la pluie battante ajoute ce qu'il faut de solitude, je ne m'en porte que mieux." Autres flagrants délits de vagabondage dhôtelien (ou applications de la "science subtile de l'égarement ") : "Il m'arrive de me perdre dans les verdures effarées du bocage". "Un coin de terre oubliée fait mon bonheur, d'autant plus si son insignifiance se suffit à elle-même". "Cette solitude austère de la Thiérache, pleine de rien et d'intempéries, m'en dit plus qu'elle ne le voudrait sur le monde."

Son texte est donc tout sauf une célébration de la Thiérache, qui vanterait les séductions faciles et stéréotypées d'un vert pays de cocagne, façon Thiérache terre des contrastes ou Thiérache l'autre Normandie. Qu'on se rassure, son livre n'est pas l'ennuyeuse rêverie d'un promeneur solitaire et absent au monde qu'il visite. Les paysages, les villages, les routes, les ciels, les vaches (donc le maroilles), les abbayes sont évoqués avec subtilité et pertinence, de Guise au carmel du Mont-Olive, de l'arrière-pays de Vervins à la vallée de l'Oise, de la forêt de Nouvion à l'abbaye de Bohéries (en compagnie de son dernier prieur…).

Un préfet des Ardennes reprocha un jour à André Dhôtel de décourager le tourisme dans son département. Christophe Mahy pourrait bien connaître la même mésaventure : "La Thiérache entend bien rester la grande inconnue, appellation non officielle dont elle tire parti en pariant sur la saveur inédite du mystère. C'est une coquetterie qui a au moins le mérite de tenir à distance les hordes bruyantes de touristes."

Thiérache, La grande inconnue, Chronique, textes de Christophe MAHY, photographies de Jean-Marie LECOMTE, Editions Noires Terres, 160 pages, 100 photos.
Note de lecture, décembre 2012.

>> en savoir plus sur Thiérache, La grande inconnue

mise en ligne : 20/12/2012
POUR CITER CET ARTICLE :
Roland Frankart, "Christophe MAHY, Jean-Marie LECOMTE, Thiérache, La grande inconnue", Marincazaou - Le Jardin Marin, décembre 2012,
[En ligne] http://www.marincazaou.fr/cont/thierache_roland_frankart.html (Page consultée le ).

haut de page