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Jean-Claude Pirotte : avoir été
avoir été [poème], Châtelineau (Belgique), Le Taillis Pré, avril 2008, 66 pages.
ISBN : 978-2-87450-025-1. Parution : 15/04/2008. Prix : 10 €




Jean-Claude Pirotte, avoir été [poème]



Extraits :

[...]

ces gens qui passent dans les rues
je les aime comme on se tue
à la fin d'un jour sans poème
ou sans plus de train dans la gare

mais c'est avec toi Mémoire
qu'à toute force je veux boire
une fois encore les vins
du songe ou du champ de Bertin

les vins perdus ou les vins rares
que les grimoires énumèrent
les vins de Thrace ou de Sumer
et ceux d'Horace et ceux d'Homère

et ceux qu'une rime en retard
aura rejetés dans l'oubli
putain sinistre ô ma mémoire
qu'une seule vigne se lie

et se palisse et se vendange
sera-ce assez pour que les anges
d'un avenir désenchanté
se saoulent à notre santé

[...]


Les critiques :

  • "avoir été, de Jean-Claude Pirotte", Romain Verger, www.rverger.com, 29/05/2008
  • "Ce recueil est d’une esthétique singulièrement baroque. Sans doute faut-il y voir un hommage à Gérard Oberlé à qui l’ouvrage est dédié, figure tout aussi singulière qui disait "son inclination pour l'hétéroclite". Il s’agit d’un ensemble de poèmes, le plus souvent structurés en quatrains dont l’apparent classicisme est constamment contrarié par la découpe des vers, les enjambements et l’absence de ponctuation.
    Un recueil où tout semble entrer pour en être aussitôt expulsé, lieu de traversées, où les choses n’y font que passer, fugitivement, comme le font les souvenirs tout à la fois intenses et anémiés de l’enfance, de même que les références livresques et les affinités poétiques. [...]
    Avoir été s’apparente aux vagabondages d’une mémoire qui s’évertue, dans le prolongement des précédents recueils, à exhumer le passé et qui, lucidement et très stoïquement, reconnaît la vanité de son entreprise. Les enchantements du passé font long feu, tournent vite court. [...]"
  • "Les chansons douces de Jean-Claude Pirotte", lesoir.be, 23/05/2008
  • "Comme passe le vent d'été", Olivier Stevens , lalibre.be, 11/04/2008
  • "Jean-Claude Pirote et l'ombre de Dhôtel", par Christophe Mahy
    Bulletin de la "La Route Inconnue", association des amis d'André Dhôtel, n° 20, juin 2008, p. 6-8.
    "On ne peut pas être et avoir été, prétend l'adage.
    Jean-Claude Pirotte, en éternel colporteur de mélancolie sur les chemins perdus de la poésie, prouve qu'avoir été permet justement d'être encore. On le croit volontiers lorsqu'on le suit au fil de ces pages dictées par la nuit précaire et une solitude que le monde méprise ostensiblement. Le sifflet du vent dans la Frise fait danser les vieilles images d'un temps d'autant plus présent que révolu. On partage le sort des pirates d'infortune / dans les romans oubliés et l'errance des chemineaux. Nous voilà peut-être sur les routes incertaines du Dhôtelland, parmi les strophes de La vie passagère, entre la vie enchantée et la mort goguenarde que personne ne songe à prendre au sérieux. Toujours est-il qu'on se perd avec délices dans la contrée familière des souvenirs et la lumière des libertés d'antan. Les ombres clandestines, dans nos enfances dévastées, parcourent la campagne d'un long frisson. L'échine des forêts tremble sous la lune lointaine et on grave notre épitaphe / dans les bistros décatis avec une pensée attendrie pour l'auberge de Mazagran, à la croisée des plaines de Champagne et du pays où l'on arrive jamais. Les quatrains cisèlent la nuit sur le ton de la confidence et
    quand les horloges sonnent l'heure
    de l'insomnie l'enfant se lève
    il va rejoindre les fantômes
    et les chats seigneurs de minuit.
    Alors oui, avoir été permet d'être encore et toujours, en dépit du temps qui passe, et le rêve nous a tenus / plus vivants parmi les ombres, comme un miracle échappé de ces lais pleins de verve. [...]" (p. 6)
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