Revue d'Etudes Esthétiques

Accueil | Prochains numéros | Soumission d'articles | Tous les numéros | Commander | Liens | Fil de l'info

Google
>> Accueil

Comment citer un document électronique?



Prochains numéros

- Figures de l'art n° 29 : Esthétique du don

Numéro dirigé par :
Jacinto Lageira, Professeur d'esthétique et de philosophie de l'art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Agnès Lontrade, Maître de conférences en esthétique et philosophie de l'art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

>> Proposer un article

- Figures de l'art n° spécial: Le Design dans l'art contemporain

Colloque international, 21,22, 23 Novembre 2013, BORDEAUX (CAPC, MUSÉE D'AQUITAINE ET CAP SCIENCES)
Ce colloque prolonge les journées d'étude : Design et art contemporain organisées par Bernard Lafargue en Mai 2012 à la MSHA, Université de Bordeaux3, les tables rondes organisées par Stéphanie Cardoso en décembre 2010 et 2012 lors des Escales du Design d'Aquitaine Développement Innovation et les numéros de Figures de l'art VII : Artiste/Artisan, PUP 2003 (dir. Bernard Lafargue), XX, Le syndrome de Venise : La biennalisation de l'art contemporain, PUP, 2010 ( dir. Bernard Lafargue) et XXV La philosophie du design (dir. Bernard Lafargue et Stéphanie Cardoso) qui paraîtra en Novembre 2013 .

>> Proposer une communication

- Figures de l'art n° 26 : Les nouveaux dispositifs immersifs

L'immersion est devenue une nouvelle manière d'être au monde. On s'immerge dans la nature (l'eau, l'air, la terre, la forêt, le ciel, le feu), comme dans des dispositifs techniques toujours plus sophistiqués (du téléphone portable mutimédia aux installations multimédias interactives).

Dans les salles de cinéma désormais équipées de projecteurs et d'écrans numériques, l'homme aime à s'immerger dans des mondes d'images en 3d, comme pour devenir un 3d de ciné. Quant aux home-cinéma, ordinateurs et téléphones multimédia tactiles et équipées de webcams et caméras, ils fournissent des environnements mobiles immersifs multifaces, qu'on croyait il y a peu réservés à l'entraînement des pilotes d'avions supersoniques. Tout se passe comme si ces environnements immersifs nous faisaient renaître dans une Second Life pleine des promesses des jeux vidéo, sous les figures d' " avatars-spectacteurs ".

Depuis quelques décennies, les Digital Performances de Merce Cunningham, Laurie Anderson, Stelarc, Robert Lepage, Eduardo Kac, Steve Dixon, etc… ont mis en scène et en abyme ces profondes mutations du corps humain. Hybridés de prothèses presque invisibles, nous nous téléportons/téléfictionnons comme des anges doués d'ubiquité. Prolongeant les romans et films de science de fiction de Dick, Cronenberg, etc. Avatar, le dernier film James Cameron, montre tout particulièrement bien à quel point l'immersion, parce qu'elle ressortit à une profonde empathie, est capable de changer non seulement notre point de vue, mais aussi notre corps et notre monde.

Tout se passe comme si l'homme voulait se perdre dans un Grand Tout (The Wild) où il se retrouverait enfin tout entier.

Nonobstant, cette immersion n'est-elle pas d'abord et avant tout une hybridation ? L'homme ne s'immerge pas au sein de la nature ou de la machine, mais dans un corps-réseau qui se recompose indéfiniment par des subjectivations transversales. C'est hybridé d'IPod, IPhone, portables, twitter, facebook, ou de nanorobots, implants, prothèses, puces, Wii Fit, qu'il se déploie et s'invente dans ce corps réseau, cette matrice ?, pour expérimenter de multiples devenirs ; quitte à s'y perdre.

La multitechnicité de ce corps contemporain définit une pluripotentialité qui fait surgir de nouveaux modes de performativités, comme le technotesto, le dopage, le métissage, la mixité sexuelle ou l'interdisciplinarité numérique. En déployant de nouvelles aptitudes dans ces nouveaux réseaux virtuels, l'homme ne mute t'il pas en une mosaïque d'identités plurielles dont la série des Matrix donne une bonne illustration ? Si ce devenir-hybride flirte bien sûr avec les fantasmes de l'omnipotence et de l'immortalité, ne favorise t'il pas aussi de nouveaux modes de connaissance de soi et des autres.

Ce numéro 25 de Figures de l'art retiendra les articles, qui interrogent ces dispositifs d'immersion dans une perspective esthétique, c'est-à-dire en analysant la manière dont certaines œuvres d'art (du Land Art au Net Art en passant par le cinéma, les performances et les installations-vidéo) mettent en scène et abyme ces nouveaux rapports d'extra-sensorialité par décorporation, d' intersensorialités immersives, de mutation sensorielle par hybridation ou de contagion biosensorielle.



- Figures de l'art n° 25 : La philosophie du design

Des bébés projetés sur catalogue et customisés en laboratoire aux défunts que l'on thanatopraxie avant de les incinérer en passant par le relooking de l'espace privé et public, tout est désormais affaire de design. La consonance anglaise de ce mot, qui s'est imposé sur toute la planète dans la seconde moitié du XXe siècle, témoigne d'un changement de vision du monde beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. La plupart des analystes s'accordent à y voir le triomphe du "petit esprit pragmatiste anglais" sur le grand rationalisme français et le sublime idéalisme allemand. Les uns pour le déplorer, les autres pour s'en réjouir. Crépuscule ou aurore des idoles ? Tout à la fois verbe et substantif, "(to) design" donne à entendre le nouveau rythme du monde : le temps des festivals a remplacé celui des manifestations, religieuses ou politiques. Le monde sait désormais qu'il n'est plus le signe du Vrai ou du Bien, mais du Beau.

Non plus "le beau mensonge" du "philosophe-roi" et de ses nombreux héritiers, mais les beaux trompe-l'œil pratiques de l'artiste pasophos banni de La République platonicienne, qui a fait alliance avec l'artisan, l'ingénieur, l'industriel et le philosophe "eironique" des temps postmodernes. Des boîtes Brillo d'Harvey transfigurées par Warhol en œuvres d'art aux stages de somæsthétique du philosophe Richard Shusterman en passant par les "DS cathédrales" de Roland Barthes "retaillées écolo" par Gabriel Orozco, les vaisselles "main libre" de Philippe Starck, les fauteuils trop féminins de Gaetano Pesce, les IPhone multimédia tactiles de Steve Jobs, les Pleats Please polyvalents d'Issey Miyake, les tchadors enjoués de Majida Khattari, les corps sculptés de Gilbert § George, les sextoys Fun Factory, les avatars en chimères du net art, les mille succes stories du design brouillent les vieilles hiérarchies scolastiques entre artes liberales et artes mechanicae, que les avant-gardes avaient, in fine, reproduites à rebours en High§Low, quitte à refaire des artistes des plasticiens bons à rien, et des esthètes un cénacle d'illuminés. Les "più eccellenti artisti de Vite" d'aujourd'hui sont assurément des artistes designers industriels qui, à l'instar de Koons, Murakami, Barney, Hirst, Cattelan ou Delvoye, jouent de l'esperluète sur le mode kitsch pour faire des œuvres qui plaisent à tous.

Le design est, à l'évidence, l'art qui prospère depuis la fin (philosophique ?) du "Grand Art" dans le monde de l'art qu'on datera, avec Adorno et Danto, du début des années Soixante. Si le designer sait, à la différence des idéologues qui ont jusqu'alors dirigé le monde à coup de canons esthétiques d'autant plus intransigeants qu'ils se donnaient pour "fondés en nature", qu'il est un fictionnaliste pragmatiste habile à faire rimer, avec le Marx de Baudrillard, valeur d'usage et valeur d'échange, toutes les figures du design ne se valent pas. Comment distinguer le bon design du mauvais ? Selon quels critères peut-on dire qu'un paysage, une ville, une maison, un objet, un être humain est mieux désigné qu'un autre ? Comment différencier le souci esthétique de soi jubilatoire du surhomme artiste de Nietzsche de celui, mortifère, du Clay de Bret Easton Ellis ? Quelle est, en un mot, la philosophie du design ?



- Figures de l'art n° 24 : Animal / Humain : passages

Dans le champ des arts visuels, de la musique ou de la littérature, de nombreuses œuvres contemporaines reflètent les tensions et les échanges qui existent entre figure humaine et figure animale. Si la philosophie occidentale a longtemps tendu à affirmer la discontinuité entre l'homme et l'animal (Élisabeth de Fontenay, Le Silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité) et à verrouiller le propre de l'homme, une relation croisée s'est aujourd'hui établie entre ces deux figures. La proximité entre animalité et humanité a été abordée par des penseurs tels que Gilles Deleuze (Mille plateaux), Jacques Derrida (L'Animal que donc je suis), Theodor Adorno et Max Horkheimer (La Dialectique de la raison). Elle avait plus tôt été explorée par certains artistes (Le Brun, Goya, Grandville…).

Dans ce numéro de Figures de l'art, les relations entre figure humaine et figure animale pourront être envisagées sur différents plans :

- Importance de la figure animale dans la réflexion des artistes contemporains (de Joseph Beuys à Jan Fabre, d'Olivier Messiaen à Eugène Savitskaya). À travers cette dernière, l'homme questionne sa propre identité.

- Importance du modèle animal, de son système chromatique, gestuel ou sonore dans la construction des œuvres d'art (voir François-Bernard Mâche, Musique au singulier).

- Examen des diverses modalités de transfiguration, de passage qui s'opèrent entre figure animale et figure humaine, dans la création de la fin du vingtième siècle. Si l'histoire de l'art est riche des métamorphoses les plus diverses (de l'antiquité au surréalisme en passant par les figurations de l'enfer dans la peinture religieuse), la période contemporaine a vu se développer la présentation d'êtres dont les comportements animaux accusent la brutalité des actions humaines dans certains contextes ou de créatures hybrides qui bouleversent la hiérarchie instituée dans le champ du vivant.

- Compréhension de l'animal comme dépassant l'" animal ", tel que l'a réduit la pensée occidentale, de l'animal dans sa dimension sensible, quasi humaine. Certains essayistes ont mis en question la rupture établie par la philosophie occidentale entre l'homme et l'animal (Jean-Christophe Bailly, Le Versant animal) ; des artistes se sont confrontés à ce qui fait que l'animal ne se réduit ni à une machine, ni à un organisme privé de conscience : il s'agit pour eux de se pencher sur l'énigme du vivant, de révéler la part d'humanité de l'animal, le mystère d'une sensibilité différente de la nôtre. Ce numéro XXVII de Figures de l'art retiendra les articles qui partent d'analyses précises d'œuvres contemporaines, appartenant à des champs artistiques variés, pour interroger cette relation croisée entre figure animale et figure humaine.








© Bernard Lafargue pour Figures de l'Art
© Site créé et administré par Amancio Tenaguillo y Cortázar - Tous Droits Réservés.
Mise en ligne 30/03/2002 - Hébergé sur Marincazaou-Le Jardin Marin
Webmestre