Jean-Claude Pirotte
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Jean-Claude Pirotte


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La chronique poésie de Jean-Claude Pirotte
Tous les mois dans le magazine Lire (depuis février 2008) - en ligne sur L'EXPRESS.fr
2010

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Jean-Claude Pirotte
Photo F. Courtès

  • mars 2010 - "actes de présence"
    Sur Abdellatif Laâbi et Bernard Noël.
    "Lorsque le pauvre Lélian fredonnait "Le ciel est, par-dessus le toit,/Si bleu, si calme !", il s'évadait de la cellule de la prison de Mons où l'avaient conduit ses mésaventures rimbaldiennes. La condition carcérale n'a jamais réussi à étouffer le souffle des poètes, et la privation de liberté semble de nature à donner un sens plus pur aux mots de la cité. Le poème proféré dans la plus noire et la plus brutale des solitudes acquiert soudain la vertu paradoxale d'une levée d'écrou. [...]"
    Lire, n° 383, 2010, p. 57. >> en ligne

  • février 2010 - "le chemin frugal"
    Sur Jacques Dupin
    "[...] Chez Jacques Dupin, l'abstraction - par quel miracle ? - dévoile le concret, le palpable, comme chez Tàpies ou Fautrier. C'est que de la langue, matériau d'origine, Dupin fait une matière à sculpter, une pierre à graver, un métal à inciser. Une toile à peindre, avec ses repeints, ses blancs en réserve, ses repentirs, sa trame, ses traces tangibles de gestes furieux et de renoncements angoissés. Il s'agit, en creusant la texture de ce ballast qu'est le langage, de révéler ses gisements, de s'obstiner à mettre au jour son secret, jamais atteint. S'épuiser à épuiser les pistes, le trait, le filon, les failles, le refus [...]"
    Lire, n° 382, 2010, p. 59. >> en ligne

  • décembre 2009 / janvier 2010 - "approches du secret"
    Gérard Macé, L'Invention de la mémoire
    "La poésie d'Adonis nous est précieuse. Elle semble émaner du fond des siècles afin de nous rappeler que l'amour des êtres et des choses survit glorieusement aux contingences. C'est un feu de braises dont la flamme bleue ne cesse d'éveiller des images d'une douceur et d'une luminosité feutrées mais durables, et dont le mystère, le secret, s'étoffent de se voir exprimés par les mots les plus simples [...] Le secret, l'éternel secret, Gérard Macé, lui aussi, ne cesse de nous en révéler l'approche, et de nous donner à voir les illustrations du prodige, entre les promesses de l'éphémère et les dérobades de la découverte [...]"
    Lire, n° 381, décembre 2009 / janvier 2010, p. 59. >> en ligne



  • 2009

  • novembre 2009 - "La voix de Lazare"
    Jean Cayrol, Oeuvres lazaréennes
    "Dès la première page de son premier recueil publié, le ton de Jean Cayrol ne trompe pas, et le thème inaugural a les accents profonds et douloureux d'une bouleversante prémonition [...]"
    Lire, n° 380, novembre 2009, p. 57. >> en ligne

  • octobre 2009 - "hélas, il s'en ira..."
    Max Jacob/André Salmon, Correspondance 1905-1944
    ""Dans sa préface à l'édition posthume des Ballades, Claude Roy évoquait avec verve la figure admirable de Max Jacob, "ce mélange incessant de Mozart et de Polichinelle". Si nous ne lisons plus guère le poète absolu, car vivement contrasté, qu'il était, voici l'occasion rêvée de refaire - ou de faire - connaissance avec celui qui écrivait : "La jeunesse a versé le vin qu'il me faut boire. Or ce vin était la beauté : c'est la hideur qu'il me faut boire..." [...]"
    Lire, n° 379, octobre 2009, p. 82. >> en ligne

  • septembre 2009 - "mystère de l'évidence"
    Jean-Pierre Colombi, Les choses dicibles (1994-2004)
    "[...] La poésie, exigeante et rare, de Jean-Pierre Colombi, qui n'a, en un peu moins de trente ans, publié que quatre recueils, admirables, est à la fois énigmatique et limpide. C'est une source noire et lumineuse qui l'anime. [...]"
    Lire, n° 378, septembre 2009, p. 51. >> en ligne

  • juillet / août 2009 - "rimbaldiana"
    Jean-Luc Steinmetz, Arthur Rimbaud. Une question de présence
    "La précocité de Rimbaud nous aveugle, et son silence nous assourdit. Nous avons beau scruter son regard, ses écrits, son existence, nous demeurons fourvoyés. L'évidence du génie nous égare, au même titre que le scandale du refus. Avec Rimbaud, la sensation d'une "commune présence" nous échappe. Lui, qui "ne fit que s'amener à la mort comme à une pudeur terrible et fatale", nous contraint à voir la face éblouissante d'un au-delà de la poésie, aussi funeste qu'exaltant. Il nous ampute de cette part de nous qui se voulait pérenne, en nous livrant à notre incomplétude. Ce n'est ni notre échec, ni le sien, qu'il exprime ou suggère, mais celui de toute velléité de révolte littérale. Rimbaud nous signifie le décret de notre dépossession, et stigmatise nos lâchetés. Il nous conduit au coeur de nos propres dérobades. [...]"
    Lire, n° 377, juillet 2009, p. 37. >> en ligne

  • juin 2009 - "tout est mystère"
    Sur Jean Paulhan, Oeuvres complètes. Volume 2 : L'art de la contradiction
    Lire, n° 376, juin 2009. >> en ligne

  • mai 2009 - "ça"
    Sur Georges Perec, Franck Venaille, Homero Aridji, Emmanuel Moses
    "[...] Les poètes d'aujourd'hui ne cultivent pas le triomphalisme. S'ils se tiennent en équilibre instable devant le vide sidéral, c'est en regardant la mort en face, en la provoquant et en dénonçant sa victoire. [...]"
    Lire, n° 375, mai 2009, p. 61. >> en ligne

  • avril 2009 - "En exil"
    Sur Cesare Pavese, Octavio Paz, William Butler Yeats, Philippe Jaccottet, Giuseppe Ungaretti
    "[...] Où se réfugiera la poésie dans un monde expurgé de ses campagnes, de ses hameaux, de son imagerie sensible et intime, de ses parfums et de ses lumières d'aube? [...]"
    Lire, n° 374, avril 2009, p. 49. >> en ligne

  • mars 2009 - "musiques"
    Sur Aragon, Claudel, Philippe Delaveau, Eric Sautou.
    Lire, n° 373, mars 2009, p. 55. >> en ligne

  • février 2009 - "vive l'aventure"
    "Le bonheur des retrouvailles égale en intensité celui de la découverte. Du reste, retrouver, n'est-ce pas découvrir à neuf? Et rien n'est plus roboratif que de feuilleter le beau volume consacré à Georges-Emmanuel Clancier, introduit par la préface qu'avait donnée André Dhôtel à la première édition d'Une voix. C'était en 1956, et le demi-siècle qui s'est écoulé depuis n'a nullement frappé de désuétude ces poèmes d'une parfaite intégrité. La poésie de Clancier ne résiste pas au temps, elle s'en fait la complice et se joue malicieusement de lui. [...]"
    Lire, n° 372, février 2009, p. 51. >> en ligne


  • 2008

  • décembre 2008 / janvier 2009 - "tous les moyens sont bons"
    "Le suicide, comme l'assassinat selon Thomas de Quincey, est un des beaux-arts. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le dernier ouvrage de Jean-Luc Caizergues. [...]"
    Lire, n° 371, décembre 2008 / janvier 2009, en ligne sur lire.fr

  • octobre 2008 - "Basse continue"
    "Dans Marianne, Guy Konopnicki déplore, non sans ambiguïté, la disparition de l'émission Poésie sur parole des programmes de France Culture. Mais qui donc, se demande-t-il, écoutait cette émission? Et puis, après «un incroyable siècle de poésie» que nous venons de quitter, il n'y aurait plus de poètes. "L'époque ne se chante pas, prétend-il, elle se raconte, jusque dans les chansons" - ces chansons d'où, du reste, la poésie est, la plupart du temps, absente. Et de conclure qu' «une émission consacrée à la poésie s'avère donc parfaitement inutile."
    Konopnicki raisonne comme ce gouvernement qui affirmait que le nuage irradiant de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière. Le nuage de la poésie, qui cause dans les esprits des dommages subversifs, se serait donc arrêté, lui aussi, à la frontière du siècle.
    Etrange conception de la vie créatrice. Que les poètes soient mortels, comme chacun de nous, signifierait-il que leur oeuvre tombe sans rémission dans l'oubli? L'inverse plutôt serait vrai. La voix du poète, débarrassée des scories du contingent, des paravents de l'actualité, soudain résonne d'un accent plus pur, et de tous les échos dont sa proximité voilait la rumeur. Ecoutons donc Louis-René des Forêts:
    Une ombre peut-être, rien qu'une ombre inventée
    Et nommée pour les besoins de la cause
    Tout lien rompu avec sa propre figure.
    Si faire entendre une voix venue d'ailleurs
    Inaccessible au temps et à l'usure
    Se révèle non moins illusoire qu'un rêve
    Il y a pourtant en elle quelque chose qui dure
    Même après que s'en est perdu le sens
    Son timbre vibre encore au loin comme un orage
    Dont on ne sait s'il se rapproche ou s'en va.
    [...]"
    Lire, n° 369, octobre 2008. >> en ligne

  • septembre 2008 - "Mathusalem est parmi nous"
    "Au cours des entretiens qu'il a accordés entre 1955 et 1996, Octavio Paz, revenant sur les thèmes développés dans ses essais, n'a cessé d'interroger la poésie, en insistant sur les doutes qu'éprouve l'écrivain face à la création poétique. A la théorie créationniste de Vicente Huidobro, selon laquelle le poète "est un petit dieu", Paz oppose la définition de Blake, et la tempère : "Comme le diable, le poète crée en usant de la négation, de l'omission, du silence... Mais les métaphores théologiques commencent à lasser ; le poète n'est ni ange ni démon : ce n'est qu'un pauvre homme condamné à poursuivre des paroles fuyantes et à être poursuivi par elles. Le poète bâtit avec de l'air des figures faites de son qui sont du sens, qui sont visions. Après quoi il disparaît, mais les figures qu'il a inventées ont l'étrange faculté de se dresser sur la page où elles reposent..., de se mettre à danser, à chanter, avant de se dissiper..."
    On croirait entendre Joubert, qu'à propos du mystère poétique on pourrait citer à l'infini : "La poésie construit avec peu de matière, avec des feuilles, avec des grains de sable, avec de l'air, avec des riens..." [...]"
    Lire, n° 368, septembre 2008. >> en ligne

  • juillet 2008 / août 2008 - "...mais quoi ?"
    " "La poésie, c'est autre chose", observait ironiquement Guillevic. Autre chose, mais quoi? se demande Gérard Pfister. Et de traquer chez les poètes les mille et une définitions de cette chose insaisissable, monstre du Loch Ness, merle blanc, animal fabuleux. Depuis A comme Affirmation jusqu'à V comme Vie, en passant par L comme Licorne et M comme Musique (voir Verlaine: De la musique avant toute chose), Pfister promène le lecteur dans un dédale de paradoxes, d'approximations et de sentences plus ou moins décisives que l'on pourrait décliner à l'infini, et qui ont le mérite d'établir avec constance que le champignon qui n'existe pas existe bel et bien au-delà de toute métamorphose, ainsi que Dhôtel l'affirmait avec humour. [...]"
    Lire, n° 367, juillet 2008, p. 45. >> en ligne

  • Juin 2008 - "Où, tes poèmes futurs?" (sur Henri Thomas)
    "Mineur de fond de sa propre obscurité, Thomas creuse obstinément les veines de son être, avec la seule ambition d'en ramener l'obscur en pleine lumière. Et cela, de la façon la plus désintéressée qui soit, dans le mépris de toute «carrière». Il n'oublie rien, ni les émerveillements, ni les chutes, les niaiseries, les pièges, les désirs, les troubles de l'enfance, les ciels, les paysages, les lectures, «les hauts et les bas du temps et du tempérament» (comme aurait dit Larbaud)."
    Seul, il demeure, seul dans sa demeure seule
    Sous quelque toit là-bas condamnée par l'histoire,
    Imaginant le soir un tassement de meule,
    Sur le parfum des fleurs, baume de la nuit noire.
    Lire, n° 366, juin 2008, p. 67. >> en ligne

  • Mai 2008 - "Avant que la nuit ne tombe" (sur Philippe Jaccottet, Ce peu de bruits et Gilles Ortlieb, Sous le Crible)
    "Des tout récents carnets de Gilles Ortlieb, j'extrais cette note: «"Tirer l'éternel du transitoire...", comme l'écrivait C.B. à propos de Constantin Guys. Cela pourrait (devrait?) être l'une des fonctions ambulantes de la poésie. Pas la seule, mais pas la moindre non plus.»
    [...]
    Lorsque Philippe Jaccottet nous invite à écouter «ce peu de bruits qui parviennent encore jusqu'au coeur, coeur de presque fantôme...» alors que le soir descend, et que l'ombre à la fois familière et menaçante nous étreint, comment ne pas penser à cette fidélité à l'enfance, à cette ingénuité faite d'ignorance, de nostalgie et d'extrême sensibilité dont ces quelques vers témoignent:
    La main tenant la rampe
    et le soleil d'hiver dorant les murs
    le soleil froid dorant les chambres fermées
    la gratitude envers l'herbe des tombes
    envers les rares gestes de bonté
    et toutes les roses éparses des nuages
    les braises laineuses des nuages
    éparpillées avant que la nuit ne tombe
    [...]"

  • Lire, n° 365, mai 2008, p. 55. >> en ligne

  • Avril 2008 - "La plus faible secousse"
    "[...] «Le mot "liberté" éclate encore de toutes ses lettres dérisoires sur les usines, les casernes, les bourses, les salons, les bordels, les champs de bataille... Mais les idéologies pétrifiées, ce ne sont pas toujours les grands événements qui en viennent montrer la décrépitude. Un édifice qui a résisté aux rafales d'artillerie de la guerre universelle s'écroule soudain à la plus faible secousse, le pas d'un homme traqué qui fait à peine sonner la terre.»
    Ces quelques lignes qui semblent avoir été écrites ce matin (du côté de Calais par exemple, ou dans un de ces logements indignes où les sbires du ministre de l'Identité nationale procèdent à la rafle quotidienne), ces lignes figurent dans un tract signé René Magritte, E.L.T. Mesens, Paul Nougé et André Souris, daté du 30 janvier... 1932. Car c'est le surréalisme, mieux peut-être que l'existentialisme, qui est un authentique humanisme. Ce tract porte un titre: La poésie transfigurée. [...]"

  • Lire, n° 364, avril 2008, p. 57. >> en ligne

  • Mars 2008 - "Les accents du porteño"
    Lire, n° 363, mars 2008. >> en ligne

  • Février 2008 - "Les amies du poète"

  • "Les vaches nous inspirent, et elles nous écoutent."
    - Anthologie de la poésie française par Jean Orizet, 1086 p., Larousse.
    - Vaches par Frédéric Boyer, 60 p., P.O.L.
    - Graminée par Pascal Commère, 56 p. Le Temps qu'il fait.
    - Haiku du XXe siècle, traduit par Corinne Atlan et Zéno Bianu, 216 p., Poésie/Gallimard.

    Lire, n° 362, février 2008, p. 47. >> en ligne






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